Route du Col du Chaussy

La première fois qu’on l’aperçoit depuis la vallée, on se demande si quelqu’un a vraiment tracé une route là-haut. Des lacets serrés, griffés à même la falaise, qui montent en zigzag vers le sommet de la montagne. Le Col du Chaussy, en Savoie, n’est pas une route comme les autres. C’est une expérience aussi physique que visuelle, réservée à ceux qui savent que la beauté et le vertige font souvent bon ménage.

Les 17 lacets de Montvernier

Avant même d’atteindre le col, il faut passer l’épreuve des Lacets de Montvernier. Sur moins de 3 kilomètres, la route enchaîne 17 épingles à cheveux dans une ascension quasi verticale. La chaussée est étroite. Les glissières de sécurité, sobres. Et la falaise, elle, ne fait pas de cadeaux.

La route a été construite entre 1928 et 1934 pour relier le village de Montvernier à la vallée de la Maurienne. 36 hommes ont terminé le chantier à la main lors de la dernière année de travaux. Ce détail change le regard qu’on pose sur ces virages improbables.

La règle à retenir ici est simple : la priorité revient au véhicule qui monte. Si vous vous retrouvez nez à nez avec un autre conducteur dans un virage, vous devrez vous serrer, parfois très près du bord. Il vaut mieux l’anticiper.

Si vous projetez un road trip dans la région, d’autres destinations en Auvergne-Rhône-Alpes méritent aussi d’être dans votre itinéraire. Entre lac d’Annecy, volcans d’Auvergne et Vercors, la région ne manque pas de grands espaces.

La route du Col du Chaussy

Le Col du Chaussy culmine à 1 533 mètres d’altitude. Le dénivelé positif avoisine les 1 000 mètres. La paroi verticale à côté de vous peut dépasser les 400 mètres de chute. Ces chiffres ne sont pas là pour décourager, mais pour qu’on aborde cette route avec lucidité.

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Quelques vérifications indispensables avant de partir : l’état des freins et le niveau de liquide de frein. Sur une descente pareille, un problème mécanique n’est pas une option. Évitez également les jours de forte chaleur en été, où le bitume peut se ramollir dans les zones les plus exposées.

Les cyclistes sont nombreux à vouloir s’y mesurer. Le col est régulièrement emprunté lors de courses ou de défis personnels. Pour eux comme pour les automobilistes, la concentration est de mise du début à la fin.

Des paysages qui récompensent l’effort

Une fois les lacets passés, la route longe des alpages ouverts avant de traverser de petits villages : Montbrunal, Montpascal, Le Noirey. Ces hameaux de montagne, quasi intacts, offrent une atmosphère que les grandes stations n’ont plus.

Col du Chaussy
Route du Col du Chaussy

Au sommet, le panorama se déploie sur les massifs de Belledonne et de la Vanoise. En été, les prairies sont couvertes de fleurs des champs. En automne, la lumière rasante transforme les versants en camaïeu d’ocres et de roux. Il y a des ruines de châteaux médiévaux visibles depuis la route, si vous savez où regarder.

Les amateurs de randonnée trouveront dans ce coin de Savoie un terrain de jeu généreux. Ceux qui veulent pousser encore plus loin l’aventure en montagne peuvent aussi s’intéresser au tour du Mont-Blanc à pied, accessible sans guide pour les marcheurs bien préparés.

La grande boucle à vélo : Chaussy et Madeleine

Le Col du Chaussy se prête à bien plus qu’une simple montée-descente. Depuis 2012 et le goudronnage de la route forestière descendant vers Montaimont, il est possible d’enchaîner le Chaussy avec le Col de la Madeleine pour former une boucle complète. Un itinéraire qui ravit les cyclosportifs en quête d’un grand tour de Maurienne sans retour par la même route.

Quel itinéraire suivre ?

Le point de départ le plus logique est Saint-Jean-de-Maurienne, accessible en train depuis Chambéry (45 min) ou Grenoble (1h15). De là, deux options s’offrent à vous pour attaquer le Chaussy.

La première, et la plus spectaculaire, remonte par Pontamafrey et les Lacets de Montvernier. Comptez 14 km pour 1 031 mètres de dénivelé positif à 7,5 % de moyenne, avec les 18 épingles à cheveux des lacets pour lancer les hostilités dès le départ. La seconde option part d’Hermillon, versant un peu moins pittoresque mais tout aussi engagé, avec 15,8 km, 1 055 mètres de dénivelé et une pente moyenne de 6,7 %.

Une fois au sommet du Chaussy, la descente côté est mène vers Montaimont. C’est ce tronçon, au goudronnage récent, qui permet désormais de faire le lien entre le Col du Chaussy et le Col de la Madeleine, et même de les enchaîner en une seule sortie. La jonction avec la route de la Madeleine se fait naturellement, et l’on rejoint ensuite La Chambre pour rentrer dans la vallée de la Maurienne.

Difficulté de cet itinéraire

La boucle complète depuis Saint-Jean-de-Maurienne représente environ 80 km et 2 500 mètres de dénivelé cumulé. La difficulté ne réside pas dans un seul mur, mais dans l’accumulation des efforts.

Le versant Chaussy depuis Pontamafrey culmine à 1 533 mètres, avec une pente maximale à 10 % sur 100 mètres dans le final. Le Col de la Madeleine, lui, culmine à 1 993 mètres avec un dénivelé comparable. Autrement dit, les jambes du matin ne sont pas celles dont vous aurez besoin l’après-midi.

La descente côté Chaussy est déconseillée comme retour unique en raison de la qualité inégale du revêtement et des mauvaises surprises possibles dans les virages. Prévoyez une réserve d’eau suffisante. Les points de ravitaillement sont rares entre Montvernier et le col. Le bar-restaurant du Chaussy, ouvert en saison au sommet, peut dépanner, mais ne comptez pas dessus hors juillet-août.

Niveau attendu pour les cyclistes

La boucle Chaussy-Madeleine n’est pas une sortie de dimanche pour cyclos occasionnels. Elle s’adresse à des pratiquants habitués aux longues ascensions alpines, à l’aise sur des pourcentages soutenus et capables de gérer leur effort sur plusieurs heures. Pour ce type de montée, un braquet de montagne est recommandé : un plateau de 34 dents combiné à une cassette arrière de 30 à 34 dents selon le niveau.

Pour les cyclistes qui veulent simplement profiter des lacets sans s’engager sur la grande boucle, la montée-descente par Montvernier reste une excellente option. La descente des lacets est d’ailleurs souvent décrite comme une expérience à part entière, avec ses virages à négocier avec précision et ses vues constantes sur la vallée de la Maurienne.

Quand le Col du Chaussy est-il ouvert ?

Le col est généralement ouvert entre mai et octobre, selon l’enneigement. La période idéale se situe entre juin et septembre. Avant tout départ, vérifiez les conditions auprès de la préfecture de Savoie ou de Bison Futé. Les routes de montagne peuvent fermer rapidement après un épisode orageux.

Pour rejoindre les Lacets de Montvernier, la base de départ la plus pratique est Saint-Jean-de-Maurienne, facilement accessible en train depuis Chambéry ou Grenoble. Depuis là, comptez une vingtaine de minutes en voiture.

Partez tôt le matin pour éviter les croisements en heure de pointe dans les virages, et pour profiter de la lumière du matin sur les falaises. L’après-midi, la fréquentation augmente et les ombres rendent certains virages plus difficiles à anticiper.

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